Les benzodiazépines sont une famille de médicaments, le plus souvent prescrites comme tranquillisant ou comme somnifères. Plus de 20 benzodiazépines sont commercialisées en France. Certaines benzodiazépines sont également utiles en anesthésie, ou dans le traitement des convulsions (par exemple contre les crises d’épilepsie). Ce sont des médicaments dont l’absorption entraîne souvent des effets vécus comme agréables : diminution du niveau général d’anxiété, détente physique et psychique, sensation d’euphorie, etc.
Les propriétés tranquillisantes et somnifères des benzodiazépines donnent lieu à une tolérance, c’est-à-dire qu’après un temps variable d’utilisation (souvent en trois à 14 jours), chez un grand nombre de personnes, les médicaments deviennent de moins en moins efficaces. Dans le même temps, le risque de dépendance augmente. Les facteurs favorisant cette pharmacodépendance sont la durée du traitement et la dose, ainsi que les antécédents d’autres dépendances (notamment dépendance à des médicaments et dépendance à l’alcool).
Cette dépendance se traduit par l’apparition de symptômes désagréables lorsqu’on arrête ou qu’on diminue brutalement la consommation du médicament : insomnie, anxiété, maux de tête, douleurs et tensions musculaires, irritabilité. Dans certains cas, heureusement plus rares, le syndrome de manque peut provoquer agitation, confusion mentale, troubles hallucinatoires, convulsions, etc.
Ces effets indésirables expliquent pourquoi, en France comme dans de nombreux pays, les autorités responsables du médicament ont à plusieurs reprises mis en garde les médecins et pharmaciens contre les risques de prescription de longue durée de ces médicaments [1]. De manière générale, en dehors des cas d’anxiété chronique grave relevant de la psychiatrie, les traitements tranquillisants ne devraient pas dépasser une durée de 12 semaines, en comptant une période de diminution progressive des doses visant à éviter le symptômes d’un sevrage brutal. Et les traitements à visée somnifère ne devraient pas dépasser une durée de quelques jours pour une insomnie occasionnelle, et de quelques semaines dans les cas (beaucoup plus rares) d’insomnie dite transitoire.
03/12/1999
Sources :
" Anxiolytiques " et " Hypnotiques " In " GNP - Encyclopédie pratique du médicament 2000 " Editions du Vidal, Paris 1999 : 1321-1335. " Hypnotics and anxiolytics " In " British National Formulary N° 38 - September 1999 " British Medical Association & Royal Pharmaceutical Society of Great Britain éd. Londres 1999 : 159-165. " Anxiolytic, sedative, hypnotics and antipsychotics " In Parfitt K. et coll. " Martindale, the complete drug reference, 32e ed. " Pharmaceutical Press éd., Londres 1999 : 635-700. Haefely W. et Muller D. " Anxiolytiques - hypnotiques " In Schoderet M. et coll. " Pharmacologie " Frison-Roche/Slatkine éd., Paris/Genève 1998 : 355-371.
[1] voir également les rapports de l’Office d’évaluation des choix scientifiques sur le site de l’Assemblée Nationale